L’équation du secteur informel

L’équation du secteur informel

L’expression « secteur informel » ou « secteur non-structuré » est largement utilisée pour désigner cette partie du marché du travail des pays en développement exerçant des activités génératrices de revenues. Les caractéristiques dudit secteur sont les suivants : capital modeste, peu de main d’œuvre qualifiée, accès limité aux marchés organisés et à la technologie, revenus faibles ou irréguliers, conditions de travail précaires. Il est essentiellement composé de jeunes et de femmes en milieu rural ou urbain.

Autrement dit, c’est un secteur qui se compose principalement d’unités de production et d’activités de subsistance qui répondent à un besoin de survie. D’ailleurs, ces activités ne sont pas déclarées et échappent à la vigilance des services fiscaux. Les travailleurs du secteur informel souffrent d’un manque de productivité, de qualifications, de technologies et de capital. Toutefois, il est constaté qu’un segment du secteur se singularise à travers  la création de richesse et d’emplois.

Selon une étude publiée par le Ministère du Commerce, de l’Entreprenariat et du secteur informel, la région de Dakar comptait au second trimestre 2003,  281 600 unités de production informelles (UPI) employant 434 200 personnes dans les branches marchandes non agricoles. Ce chiffre montre l’importance économique des activités informelles pour la population de la capitale puisqu’il y a plus d’UPI que de ménages dans la ville de Dakar. En moyenne, chaque ménage de Dakar tire l’ensemble ou une partie de ses revenus dans l’exploitation d’une unité de production informelle.

Les acteurs du secteur informel travaillent en moyenne 48,9 heures par semaine, et gagnent 64 700 FCFA par mois. Ces chiffres cachent une forte disparité spatiale. La prédominance des faibles revenus pèse sur la rémunération médiane, égale à 23 000 FCFA. En termes de revenu horaire, on obtient 308 FCFA en moyenne dans le secteur informel. Elle est donc supérieure au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIC) stabilisé à 209,1 FCFA par heure depuis 1996 malgré les augmentations de salaire intervenues dans la période.